Médias

27
Mar

Up against the wall, « winter is coming » …

Drôle de fonction que celle de chef de Pôle en psychiatrie dans un contexte sanitaire hors du commun où les réseaux sociaux se font le relais de multiples « fake news », sans parler des médias et du caractère sensationnel du sens de l’information. Curieux mélange entre sérénité de surface et sentiment d’effroi intérieur face à une situation épidémiologique inédite, où nos instances, notre « institution nourricière » peinent à s’adapter.

Un mot d’ordre pourtant : garder le cap, maintenir l’activité du pôle au bénéfice de nos patients et les valeurs du service public. Tenter de conserver et entretenir une forme de sécurité interne pour tous dans un contexte, qui, malheureusement, va perdurer sans savoir quand tout cela va prendre fin. Cette situation renvoie à notre plus simple existence, à la mort, à la notre dans sa plus simple expression puisque ce virus, peu intelligent tend à tuer son hôte. Il s’agit ici d’un choc entre un vécu individuel, personnel et une fonction représentative où il n’existe pas de compromis possible : comment faire passer l’intérêt du pôle avant tout ? Comment conserver une éthique, une déontologie suffisante face à l’expression la plus archaïque de la nature humaine, avec le risque que tous les codes soignant hospitalier ne se brisent.

Le chef de Pôle doit être un des garants de notre institution, accepter sans faillir les incohérences de nos instances dans la multiplication de protocoles qui vont à l’encontre du bon sens, dans un esprit constructif en réponse à la vague COVID -19.

Toutefois la colère restera l’émotion la plus vive au regard du manque de moyen dédié à la protection de nos équipes soignantes déjà souffrantes, face à notre incapacité à harmoniser nos pratiques dans de brefs délais, et, pour faire entendre que la logique sanitaire prime aujourd’hui sur celle de nos administrations. Mais le chef de Pôle se doit de se taire, d’être raisonnable, sage, ne pas se laisser aller à ses critiques les plus acerbes afin de ne pas majorée l’inquiétude déjà existante des soignants : il doit rassurer, accompagner et soutenir ses équipes inquiète de ne pas être au niveau.

Ce virus mortel n’a de cesse de nous renvoyer à nous-mêmes, à qui nous sommes en tant qu’individu jusque dans la fonction. Il teste notre compétence à manager. Cependant l’heure est aux décisions et à l’action, ce qui laisse peu de place aux tergiversations et aux imprécisions. So, up against the wall, winter is coming….

Alexis ROUBINI
Chef de Pôle G07- FIHP
Centre Hospitalier Guillaume Régnier, Rennes